Samedi 5 avril 2008

 

Voilà... Nous l' appelions de tous nos voeux : le rebond fringant de la Place parisienne s' est bien manifesté à l' unisson de toutes les bourses du Globe. Le cac a gommé en l' espace de 15 jours plus d' un tiers de sa baisse accumulée depuis le début de l' année. Cette semaine, le bilan avoue sur la balance un fier +4.36%. Nos homologues en Europe sont également de la fête avec +3.10% à Francfort alors que la City londonienne voit son tableau hebdo verdir  de 4.47%. Wall Street parvient à reprendre plus de 3% sur son Dow Jones pendant que l' indice plus représentatif, le SP500,  exhibe une performance de +4.20%. Enfin, le Nikkey monte quant à lui de 3.69%.

Une "secousse" d' optimisme oserait-on alléguer due essentiellement à un changement de cap de la psychologie des marchés persuadés par les nouveaux déboires d' UBS que nous aurions touché le fond de la crise et que les dépréciations d' actifs du secteur bancaire avaient abattu leurs ultimes cartes...

Mais brandir déjà le joker de la confiance retrouvée n' est-il pas un peu prématuré voire hasardeux ?

Cette semaine, nous avons eu droit à des interventions du Président de la Fed qui commence seulement à admettre que les Etats-Unis risquent d' entrer en récession. Mais le comble du grotesque s' immisce par le fait que les "toutous" de Wall Street lui emboîtent le pas !

Les grands stratèges ayant pignon sur rue acquiescent l' "hypothèse" de Monsieur Bernanke.

Il y a belle lurette que l' Oncle Sam côtoie la récession. Il n' a certainement pas attendu après le satisfecit de la Fed et de ses dirigeants, ou d' économistes chevronnés...La communauté le sait pertinemment et les chiffres catastrophiques de l' emploi outre-Atlantique n' auront surpris que les âmes candides.

La collusion à travers de jolies paroles des principaux responsables pour faire croire que la Bannière étoilée pouvait échapper à une contraction importante de son activité ne fait pas de doute.Il appartient aux uns et aux autres d' éviter de prendre pour argent comptant les assertions habiles dont le rôle premier est de maquiller

la réalité conjoncturelle à coups de sophismes effrontés grimant la véracité économique au profit de belles digressions poussant à réfléchir à un  "avenir meilleur". A cet égard, les indices se seront plutôt bien comportés malgré cette douche très froide sur le front du chômage.

En vendant les marchés depuis des mois, les bourses ont acheté la rumeur.

Maintenant, alors que le mot  "récession" est dans les moeurs, en rachetant leurs positions, elles vendent la nouvelle. Cependant, nous allons encore vers de graves désillusions à cause de la flexibilité de la Banque Centrale américaine sur son prime rate.

Evidemment, au cours du prochain FOMC, elle va derechef appuyer sur la détente et ainsi lâcher du lest supplémentaire. Des "fedfunds" à 1.75. Probablement la prochaine étape !

Certes, a priori, compte tenu du ralentissement de la consommation à venir, le cycle va endiguer une résurgence violente de l' inflation, mais cette dernière sera sous-jacente encouragée par l' inflexion monétaire prodiguée par l' Administration Bush depuis plus d' un semestre. Fatalement, un rattrapage s' effectuera puisqu' en économie, le temps que la planète finance ne digère tous ces déréglages d' instrument, il y a toujours une période d' observation et de latence. Nous payons actuellement par le brusque coup d' arrêt  de la croissance les hausses successives du loyer de l' argent aux USA avec retard donc.

Attendons-nous (mêmes causes mêmes effets mais inversés) à ce que nous ayons droit à une terrible montée des prix  si le pays de Mickey poursuit dans cette politique monétaire accommodante pour sauver à l' instar  d' un Messie obnubilé par la seule santé de sa croissance qu' il a lui même en partie martyrisée auparavant en la mettant sous la pression de taux élevés (cf. les fonds fédéraux à 5,25%  l' été dernier).

La partie s' annonce bien délicate de ce côté-ci de l' océan pour le Gouverneur de la BCE d' autant que nous avons pris connaissance d' une inflation galopante sur le Vieux Continent.

Monsieur Trichet, s' il doit consentir un effort sur notre Refi pour lisser le différentiel dont l' écart s' annonce périlleux avec les taux américains, et pour donner une respiration souhaitée à l' économie européenne, va devoir bien prendre en considération tous les facteurs en présence et composer avec les quolibets qui ne manqueront pas de fuser.

Espérons que par le redémarrage de l' activité, si lent sera-t-il à opérer (sur la foi des perspectives de croissance mondiale corrigée à la baisse), nous n' entérinerons pas un mieux pour un pire...

Foxy

 

Par Alex - Publié dans : Analyse Conjoncture
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